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lundi 5 septembre 2011

Esperluette


Je n'avais jamais malgré mon grand âge vu ni entendu ce mot, et si je l'avais fait j'aurais pensé qu'il s'agissait d'une espèce très sophistiquée d'arbalète mérovingienne. Or que nenni il n'en est rien. Il s'agit d'une lettre de l'alphabet. Ca vous en bouche un coin, sauf si vous le savez déjà dans ce cas vous êtes plus cultivé(e) que moi félicitations.

Car en effet l'esperluette fut longtemps la 27ème lettre de l'alphabet. Parait-il que jusqu'à la fin du XIXème siècle les enfants récitaient ...x, y , z et &. (On va y revenir.)
Mais oui c'est lui ! Ou plutôt elle, l'esperluette, ou esperluète, ou perluette, ou perluète, mais c'est moins rigolo.

C'est un caractère formé par les deux lettres de l'alphabet latin cursif e et t, collées l'une à l'autre et abrégées. Apparu au 1er siècle avant JC, & ne signifiait pas forcément et, conjonction de coordination, mais n'importe quelle association de ces deux l&tres, même dans un autre mot. Plus tard, les typographes, ces artistes, ou ces feignants, suivant les points de vue, utilisaient encore & à l'intérieur des mots, et surtout les anglo-saxons d'ailleurs, lorsqu'ils composaient en latin, obviously.

De nos jours, & signifie exclusivement le mot "et" en français, et "and" en anglais. Considéré comme peu romantique ("ils vécurent heureux & eurent beaucoup d'enfants" ça le fait pas trop) il est cantonné au vocabulaire commercial, aux raisons sociales (Smith & Wesson, Dolce & Gabbana, Roux & Combaluzier) ou éventuellement dans &c. pour et caetera.

Encore que dans l'époque moderne où nous vivons, il a fait un petit retour dans le sms staïle, en anglais, par exemple pl& pour planned, st& pour stand...

Mais revenons aux enfants des écoles que nous avons laissés au paragraphe 2 : que disaient-ils au juste, en récitant l'alphabet ? Il disaient "x, y, z, et per se, et". Rappelons que & étant et en latin, il se prononce ette. C'est à dire "et en soi, et", toujours en latin. Vous me suivez ? De là serait venue l'esperluette. Encore que je pencherais plutôt pour "et c'est pour le et" qui ressemble plus à esperluette phonétiquement. Mais en tous cas c'est charmant.

Encore plus fort, c'est pareil en anglais : & se dit ampersand, qui vient de "and per se : and". Et non pas de Ampere's and, comme le rapporte l'étymologie populaire, M. Ampère n'ayant rien à voir là-dedans.

& est une mascotte pour les typographes, bien sûr. Il existe une conférence internationale de typographie pour le web qui s'appelle Ampersand. En Belgique, une maison d'édition s'appelle Esperluète.

Les jeux vidéos adoptaient volontiers des titres avec &, dont le plus célèbre est Dungeons & Dragons, D&D pour les initiés.
Un autre usage fort répandu est B&B, pour Bed and breakfast, irremplaçable invention anglaise.
Je ne vous parlerai pas des usages de & en programmation, ça me fait mal à la t&e...


Sources : 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Esperluette
http://awritersguide.blogspot.com/2011/01/word-origins-ampersand.html

mardi 3 novembre 2009

What's with the silver spoon ?

"Jezebel wasn't born with a silver spoon in her mouth
She probably had less than anyone of us."
chantait Sade Adu en 1985 dans une des plus belles chansons du XXème siècle.

Etre né avec une cuillère en argent dans la bouche ça veut dire être né dans une famille fortunée, avoir eu une enfance privilégiée, avoir hérité d'une situation sans effort, voire avoir obtenu des honneurs autrement que par ses propres mérites (je m'arrête là).

Tout le monde sait ça, de même que l'on se doute bien que les bébés ne sont pas nourris à la fourchette et que le symbole de la richesse n'est pas le formica.

Certes, mais pourquoi une cuillère en argent, et pas une timbale en or ou un hochet en diamants ? Un baby relax en vison ?

On devine qu'il y a là une histoire de cadeau de baptême. En France la coutume chez les aristos était plutôt d'offrir un gobelet en argent. Mais certaines sources (peu fiables) nous expliquent que la mode au Royaume d'Angleterre, au cours des XVII et XVIIIème siècles, était d'offrir un jeu de treize cuillers en argent représentant Jésus et les apôtres.

A l'époque, treize cuillers en argent massif représentaient une fortune (encore maintenant c'est pas donné) et seules les plus riches familles du royaume pouvaient s'échanger pareils présents.

Les moins nanties achetaient une seule cuiller, ou alors choisissaient les quatre évangélistes, qui étaient moins nombreux. Avec le temps et l'invention du snobisme, des copies en étain furent vendues aux roturiers.

Ici, cuillère en argent à l'effigie de Saint-Georges et son dragon, datée de 1600, trésor de la cathédrale d'Uppsala.

Mais il semblerait que nos obscurs et obscurantistes ancêtres moyen-âgeux avaient empiriquement découvert quelque chose avec cette histoire de cuiller en argent. La science a établi bien plus tard que l'argent était un puissant bactéricide.

Nous lisons dans Wikipédia qu'en 2008, "environ 500 tonnes de nano-argent auraient été produites, sous forme d'ions argent, de particules d’argent protéinées (silver proteins) ou de colloïdes utilisés comme biocide (1/5ème de la production, ) ou bactéricide ou pour d'autres usages dont dans le textile avec par exemple des chaussettes bactéricides et anti-odeurs. On en trouve aussi dans des cosmétiques, sprays, revêtements de matériaux métalliques (réservoirs métalliques d'aspirateurs sans sac), plastiques, vernis, peintures, plans de travail, pansements, parois de réfrigérateurs, climatiseurs, emballages alimentaires...). "

Ainsi un enfant nourri à la cuillère en argent aurait eu théoriquement plus de chances d'échapper aux microbes pas bons qu'un enfant de pauvre nourri à la cuillère en bois. L'histoire n'est pas nouvelle, les riches sont plus beaux et en meilleure santé que les pauvres.

Aujourd'hui les cuillers sont en plastique pour tout le monde, mais les petites cuillers en argent existent toujours comme cadeaux de baptême.

Et si vous avez oublié d'offrir une cuiller en argent à votre filleul pour son baptême, vous pouvez encore lui acheter des chaussettes argentées anti-odeurs pour sa majorité...

vendredi 12 juin 2009

Respect aux bloggeuses


Les femmes sont dotées par la nature d'un cerveau.

Je plaisante, je voulais dire les femmes sont dotées par la nature d'un cerveau plus adapté à l'hypertexte (voir
"A quoi tu penses") et par la culture d'un siècle d'avance en dactylographie (j'ai vérifié, c'est large, première machine à écrire 23 juin 1868).

Elles devraient donc sans problèmes devenir reines de blogland, one blog at a time.

Un hommage à mes camarades bloggeuses à travers le monde, trouvées absolument par hasard dans mes recherches erratiques sur le web.

Des blogs très variés, toujours élégants, pas toujours futiles, intelligents et sans fautes d'orthographe !

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ANNIE'S LETTERS
ANNIE'S NOTES
ANNIE'S AMERICA

Poète et activiste américaine, elle anime des blogs participatifs très militants pour la Palestine, d'où ce dégage pourtant une étrange sensation de paix...

Sur Annie's America, elle publie principalement les lettres qu'elle envoie pour Amnesty International, et les éventuelles réponses.

Tout est beau, sérieux et intéressant.

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COPACABANADETOLEDO

Ana de Toledo a un blog qui est un pur bijou inclassable et rétro. Presque uniquement esthétique, il peut s'admirer sans comprendre le portugais.

La saudade considérée comme un des beaux-arts.

Prouve qu'on peut être une branchée de Rio et avoir des réserves de poésie.


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FERDY ON FILMS, ETC.

Marilyn Ferdinand prouve qu'on peut être une femme au foyer de Chicago et une très très sérieuse cinéphile.





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SIX PIEDS SUR TERRE

Laure Noualhat a un blog sur l'environnement à Libé.

Elle recueille et commente les nouvelles sur le sujet, ce qui m'évite de le faire. En plus, c'est une pro. C'est bien écrit, sans prétention, il y a de l'humour, des tonnes d'informations, des liens qui marchent...

C'est bien, quoi.


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DEVERIA ESTAR ESTUDANDO !!!

Oui, je sais, l'inconvénient des blogs de filles c'est qu'ils ont tendance à être roses... Nobody's perfect.

Une étudiante brésilienne un peu française sur les bords il semblerait, qui prouve qu'on peut être jeune et mode et pas complètement abrutie.

De la mode étonnamment rétro, quelques photos de voyages, un ton qui m'amuse. Attention couper le son avant d'y aller sinon vous allez avoir une frayeur !

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Chers lecteurs-rices, envoyez-moi vos blogs préférés, je ne demande qu'à allonger la liste !

mardi 5 mai 2009

The Motivator : advanced studies


Pour les véritables pros du je sais même pas comment ça s'appelle, de la webmaestria, du dessin sur l'ordinateur quoi, il y a des collectionneurs de Demotivational Posters dans le style originel des années 50...
Ceci devrait se trouver à la fin de l'article précédent.
C'est un afterthought, un Post Scriptum, un codicille, un épilogue, comme vous voudrez.
C'est juste que j'ai vraiment la flemme de niquer toute la mise en page du Motivator pour si peu...

The Motivator !


The Motivator, la plus belle invention depuis l'ardoise magique !

Les Etats-Uniens dans leur candeur ont inventé ce qui s'appelle les "Motivational Posters". Une photo et un slogan inspirants pour offrir à vos collègues, votre patron ou votre petite nièce qui s'entraîne pour le championnat de patinage artistique à Duluth.

Moi j'en ai un vieux en métal d'un aérodrome avec un dessin d'avion qui se crashe, et qui dit : "CONSIDER" et en-dessous "the risk of being careless in your work." Je l'adore.

So where's the beef ? me direz-vous.
J'y viens : les petits rigolos, qui sont des millions, n'ont pas tardé à inventer le Demotivational Poster.


La règle du jeu : Ironie, provocation, mauvais goût, cynisme, obscénité, ensemble ou séparément.

Le Motivator vous permet de fabriquer, visionner, et sauvegarder une image en quinze secondes environ. Et de recommencer autant de fois que vous souhaitez !

Je vous le dis, ces gens de Motivator sont des bienfaiteurs de l'humanité. Ou alors de flamboyants pervers qui savent très bien à quoi sert leur site. Ou les deux. Dans tous les cas : respect !


Voici ma collection (et croyez-moi quand on voit ce qu'on voit elle est super soft).

C'est tellement facile à faire que c'est plus rapide de les fabriquer soi-même que de les chercher sur le web !

Puisez dans les infinies ressources créatives de votre méchanceté. Défoulez-vous "en trois clics", comme dit la pub de votre centre des impôts.


Bien sûr on peut s'en servir pour encadrer la photo de sa petite nièce de Duluth (ANITA is so cute in her new pink dress) ou de son ex (NICK you can rot in Hell, you Bastard) mais c'est beaucoup moins rigolo tout de suite.







La propagande politique a aussi de beaux jours devant elle.

But beware : l'attention span du websurfer étant largement inférieur à celui de, say, la drosophile, lorsque de loin il voit ce cadre noir, il s'attend déjà à rigoler, ou au moins à sourire.
Si vous lui mettez un message sérieux, they gonna hate your guts, man !










Le site permet de modifier les couleurs et les fontes. Mais les véritables puristes n'acceptent qu'un texte, et même un seul mot en grand, une phrase en petit, toujours en blanc sur fond noir.

Par exception, j'ai utilisé des fioritures qui en quelque sorte servent le propos...

Il y a une police "Comic Book" qui est vraiment sympa, vous n'avez qu'à aller voir.









En français c'est déjà beaucoup plus difficile d'être drôle, il faut bien reconnaître...

Mais tout le monde collectionne dans un coin de son ordinateur des images significatives ou débiles (voire pornographiques) qui n'ont jamais servi à rien.
C'est le moment de les recycler.














Vous reconnaissez la photo ? Sinon c'est que vous n'êtes pas assez assidus dans la lecture de ce blog. Rendez-vous deux cases en-dessous : 28 avril 2009.

Si vous êtes assidu et plein d'éthique comme moi, vous vous demanderez : qu'en pense l'auteur de la photo ?

A cela je répondrais par la même photo avec comme légende COPYRIGHT is for Sissies.

Si je pouvais placer deux photos côte à côte sans foutre en l'air toute ma mise en page sur ce p. de Blogger de m. Si ça continue il va falloir que ça cesse, je vais finir par apprendre le html... Mais ne nous égarons pas.



Je suis assez fière de celui-ci, if I may say so myself.

Je pense qu'il a de l'avenir quelque part...

Voilà, MissCelaNeus attend vos contributions !

Also : personalized Demotivational (or even Motivational) Posters available upon request...







* Merci à Eugène Zéro pour le tuyau !

** Pour les lecteurs assidus et munis d'une vue perçante ou de bonnes lunettes, le texte qui est dans le livre qui est dans le Motivator qui est dans la première photo c'est du Lorem Ipsum.

lundi 15 septembre 2008

DON'T PANIC !

J'emprunte encore à mon cher guide du routard intergalactique : pas de panique ! C'est ce qui est écrit sur la couverture du guide "in large and friendly letters". C'est ce que je me dis tous les matins en me levant (péniblement).
Et bien que je me sente encore plutôt comme Marvin the Paranoid Android, je tiens à remercier le nombre incalculable de mes lecteurs (au moins 5 ou 6 !) pour leur soutien et à les rassurer sur ma santé. Je sens que si ça continue et si tout va bien, et si aucune autre catastrophe n'arrive d'ici là, j'aurai bientôt assez de cervelle décongelée pour m'efforcer de reprendre mes activités éditoriales. Faudra pas attendre des étincelles, rapport au fait que les ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) ne sont pas connus pour galvaniser l'inspiration.

mardi 27 novembre 2007

Everything is miscellaneous

Un camarade ! Ceci est un blog fascinant et tellement abscons que j'ai du mal à dire ne serait-ce que de quoi ça parle...


D'après ce que j'ai péniblement compris, il s'agit d'un blog écrit par un certain David Weinberger, auteur d'un livre du même nom, dont le sujet pourrait être la recherche informatique par ou pour les libraires ou bibliothécaires professionnels. Mais je n'en suis pas du tout certaine...

C'est plein de mots et sigles dont on ne peut pas commencer à imaginer la signification, et d'autres qui trahissent une vertigineuse ambition, comme KOS : Knowledge Organization System.

La seule chose que je comprends, c'est le titre, qui est très réussi. OK, let's ask Google :

Everything is Miscellaneous

- how the Web destroys categories, disciplines and hierarchies
Posted by Cory Doctorow, May 2, 2007

David Weinberger's "Everything is Miscellaneous" is the kind of book that binds together innumerable miscellaneous threads and makes something new, coherent, and incontrovertible out of them. Weinberger's thesis is this: historically, we've divided the world into categories, topics, and hierarchies because physical objects need to be in one place or another, they can't be in all the places they might belong. Computers and the Internet turn this on its head: because a computer can "put things" in as many categories as they need to be in, because individuals can classify knowledge, tasks, and objects idiosyncratically, the hierarchy is revealed for what it always was, a convenient expedient masquerading as the True Shape of the Universe.
It's a powerful idea: from org charts to science, from music to retail theory, from government to education, every field of human endeavor is tinged with hierarchy, and every hierarchy is under assault from the Internet. One impact of this change is that it reveals the biases lurking underneath the editorial carvery of our systems. From the Dewey Decimal system's laughable clunkers (mentalist bunkum gets its own category, but Islam has to share a decimal with a couple competing "Eastern" faiths) to the Britannica's paring away at "old" biographies to make way for the new, Weinberger makes a compelling case for a new kind of knowledge that more faithfully represents the messy, glorious hairball of the real world.
This celebration of hairiness is just the tonic for the fights being waged today over whether bloggers are real journalists, whether Wikipedia is a real encyclopedia, even whether chaotic guerrilla armies are real armies or mere "enemy combatants." Weinberger shows that Internet messiness has a special quality that distinguishes it from meatspace mess. On the Internet, messiness can be used to make sense of the world: Flickr tags can be grouped (people lump "rome" and "italy" together, so they must be related) with other characteristics ("lots of people call this picture their favorite") and combined with search terms ("more people search for "italy" than "itayl," so the latter is probably a typo) and the most interesting pictures of Rome, Italy can be automatically surfaced, thanks to all the messy, uncoordinated, unchecked, unintentional meaning that the Internet's users infuse its pages with.
Everything is Miscellaneous is the latest inspiration from Weinberger, whose Small Pieces, Loosely Joined and Cluetrain Manifesto were important contributions to our understanding of the Internet. Weinberger's conversational style, excellent examples, and extensive legwork (the places he visits and people he interviews can best be described as wonderfully miscellaneous) give this the hallmarks of an instant classic. And unlike many business/tech books, whose simple thesis could be stated in a single New Yorker article, but which are nevertheless expanded to book-length for commercial reasons, every chapter in Everything is Miscellaneous brings new insight to the subject. This is a hell of a book.

Well, ça s'éclaircit. Même si la critique de M. Doctorow est elle-même un petit peu jargonneuse, mais enthousiaste, on peut hasarder un résumé du sujet de ce livre mystérieux au si joli titre : les diverses conséquences du fait qu'avec l'internet la classification n'a plus besoin d'être hiérarchique.

Tout un programme. Je vais peut-être demander à EBay de me l'envoyer pour Noël...