dimanche 10 janvier 2010

Monumentos da bossa nova : Doralice


"Doralice eu bem que lhe disse
Amar é tolice, é bobagem, ilusão
Eu prefiro viver tão sozinho
Ao som do lamento do meu violão"

Música : Dorival Caymmi e Antônio Almeida
Letra : Dorival Caymmi

Le tube : Doralice dans le fameux Getz-Gilberto, avec un bon son. (palalalia palalalia pam pam palaliapam palalaliam paliam tum tum tum...)

João Gilberto et Caetano Veloso, Live in Buenos Aires 2000

Dario Moreno (encore lui) prétend "danser la bossa nova" mais ce n'est pas concluant, et se lance dans une version française particulièrement indigente de Doralice !

mercredi 6 janvier 2010

Des nouvelles du LHC


On ne présente plus le Grand Collisionneur de Hadrons, LHC, Large Hadron Collider pour les intimes, ce qui a été fait dans ce blog en mars 2008 (pour les révisions voir Rendez-vous avec Higgs).

Depuis cette époque, la plus grosse machine du monde a connu de nombreuses aventures, certaines particulièrement loufoques.

Le LHC a démarré le 10 septembre 2008 comme prévu, au milieu de nombreuses préoccupations apocalyptiques de la part des Béotiens. Par exemple, un certain Walter Wagner, de Hawaii, présenté par le web comme un instituteur, ou un juriste, ou un technicien de médecine nucléaire, ou un directeur de jardin botanique, tout ceci n'est pas très précis, et son associé Luis Sancho, ont introduit un recours Don Quichottesque devant le tribunal d'Honolulu, how charmingly exotic, pour demander l'arrêt du LHC au motif que les trous noirs générés par les collisions de particules risquaient d'attirer à eux toutes les particules de matière à leur portée et de fil en aiguille de détruire la planète. Les physiciens espèrent effectivement créer des trous noirs, mais si petits et fugitifs (genre un trillionième de micron de large pendant un trillionième de seconde) qu'ils n'ont aucune chance de trouver une quelconque matière à absorber. Encore aujourd'hui, nos reporters en Suisse nous confient que leurs placides compatriotes craignent que leur bonne ville de Genève ne soit avalée par le LHC. Quand je fis remarquer que d'aucuns redoutaient plutôt qu'il n'avale la planète, voir l'univers tout entier, ils répondirent oui, c'est la même chose.

Mais bref, Walter Wagner ayant été débouté, le LHC ronronnait à la satisfaction générale depuis une semaine, et selon le physicien britannique Dave Barney "The universe hadn't been destroyed, so that was nice" lorsque le 19 septembre something went dreadfully wrong.


L'anneau de 27 km de long est formé de 1232 cylindres de 35 tonnes chacun appelés dipôles, reliés bout à bout.
Les câbles super conducteurs qui les parcourent pour alimenter tout le bastringue en énergie, notamment les aimants colossaux, sont soudés au cuivre. Une soudure défaillante a fait perdre à une connexion sa supra-conductivité, produisant un bête court-circuit. Un arc électrique a perforé la paroi en acier du tube, réchauffant l'hélium liquide utilisé pour refroidir l'affaire, lequel ne demande pas mieux que de se transformer en gaz.
En trente secondes l'onde de choc a provoqué des dégâts spectaculaires. Dix dipôles ont été complètement détruits et 29 autres endommagés sur 300 mètres. Le CERN déconfit annonçait 40 millions de dollars et un an de réparations.



Enfin en septembre 2009 le LHC a redémarré sans encombres, ou sans trop d'encombres.
Il y eut l'épisode de l'oiseau et du morceau de pain : les journalistes du monde entier, avec la joyeuse improvisation qui les caractérise, se sont moqués abondamment des physiciens, rapportant qu'une chouette avait lâché un morceau de pain sur un transformateur qui alimente l'accélérateur, entraînant un arrêt de deux jours pour cause de réchauffement à -268°, ce qui est beaucoup trop chaud...
Le CERN lui même semble avoir été complice de cette tempête médiatique dans un verre d'eau, publiant un communiqué pince-sans-rire selon lequel "l'oiseau se portait bien, mais avait perdu son pain", avant de rétablir une plus sobre version des faits dans le bulletin du CERN.
Pour pimenter l'affaire, le New York Times a évoqué dans un long article la théorie du Pr Holgen Nielsen, selon laquelle le futur, ou l'univers, ou Dieu ou les trois à la fois provoquaient ces accidents au CERN pour empêcher l'humanité de découvrir le boson de Higgs (sans doute, de la part de Dieu, par crainte de la concurrence). Ce qui est amusant c'est que Nielsen n'est pas un rigolo comme Walter Wagner, mais un physicien "par ailleurs" respecté, comme dit le New York Times, de l'Institut Niels Bohr de Copenhague, et l'un des pères de la théorie des cordes.

Contre vents et marées, oiseaux de mauvais augures, pannes de courant et mad scientists, le LHC a produit ses premiers résultats en décembre. Il n'est pas encore à pleine puissance mais a déjà battu le record du monde établi par Fermilab à Chicago.  (Curieusement il semble que le CERN ne dispose pas d'une alimentation particulière en électricité, et soit branché sur le secteur, sa consommation équivalent à celle d'une ville de 200 000 habitants.)


Les images ne sont pas très impressionnantes pour l'amateur, mais les 1500 physiciens sur place et les 7200 physiciens qui travaillent sur le projet dans le monde se tapent déjà le cul par terre d'enthousiasme et se préparent à faire des heures sup pendant les 10 ou 15 prochaines années. Les découvertes attendues doivent révolutionner la connaissance de manière aussi complète que la théorie de la relativité. Ce que les anglais dans leur langue agglutinante et propice à la concision appellent "paradigm-shifting breakthrough".
En effet le dit modèle standard de l'univers est relativement stable et abondamment vérifié par l'expérience, sauf qu'il présuppose l'existence de 75% de la masse de l'univers que personne n'a jamais vue, l'anti-matière et la matière noire, et le boson "inventé" par le physicien britannique Peter Higgs dans les années soixante, censé conférer leur masse aux autres particules.
Le Pr Higgs a 80 ans aujourd'hui, et trouve qu'il serait merveilleux de pouvoir prouver l'existence de son boson, mais encore plus merveilleux de pouvoir prouver qu'il n'existe pas, ce qui remettrait en cause le modèle standard et permettrait d'inventer toutes sortes d'excitantes nouvelles théories.
But keep you shirt on, ce n'est pas exactement pour demain matin.


PS : La mise à jour de cet article sur le LHC sommeillait dans un coin de mon cerveau depuis quelques semaines lorsque je fus précédée dans cette entreprise par... Vanity Fair, prouvant ainsi que je reste en phase avec ma revue de prédilection depuis bientôt quinze ans : Kurt Andersen : The Genesis 2.0 Project.

lundi 28 décembre 2009

Le banquet révolutionnaire de Château Rouge

Il n'y a pas de rue du Château-Rouge, ni vraiment de quartier, c'est juste le nom d'une place et de la station de métro qui permet de plonger, ou plutôt d'émerger directement dans la foule des vendeurs de fruits exotiques, tilapias, ignames, Subutex, bagues en vrai or, lunettes Chanel, héroïne, ceintures Gucci, sacs Vuitton, cigarettes Marlboro, pamphlets de Frantz Fanon, hachich, journaux kabyles, casse-croûtes tunisiens, audio-cassettes de prédicateurs salafistes, valium périmé, plats à couscous, produits miracles pour blanchir la peau, wax véritable, maïs grillé, kebab, crack et j'en passe, tout ce qui fait l'identité française de la Goutte d'Or et le charme du "marché exotique" de la rue Dejean.
Mais dans le temps il y avait un château, et il était (plus ou moins) rouge. Bon ici on ne voit pas bien mais il était censé être en pierre blanche et brique rouge, rappelant la Place des Vosges, ce qui avait alimenté la légende qu'il avait été construit par le Vert Galant pour Gabrielle d'Estrées. Mensonge, car la belle Gabrielle n'aurait jamais habité dans ce quartier perrave, et de toutes façons la construction du château date de 1780.

Le premier propriétaire de l’endroit, était un certain M. Christophe, subdélégué de l’intendance de Paris. Puis M. Jean Feutrier, directeur des impôts du Département de la Seine, métier rémunérateur, lui succéda. L'un de ses fils, Jean-François Hyacinthe, devint évêque de Beauvais et donna son nom à une rue de Montmartre. Le Roi (d'Espagne) Joseph, frère de Napoléon, y signa sa capitulation devant les Prussiens en mars 1814. Les Feutrier reprirent ensuite possession du domaine.
Le château, laissé à l’abandon, devint ensuite la propriété d’une ancienne vendeuse à la toilette, c'est-à-dire revendeuse de parures d'occasion, prêteuse sur gage, ou éventuellement usurière, une certaine Mlle Ozanne, qui y nourrissait des troupeaux de chats.
Le domaine, qui comportait un vaste parc entre les actuels boulevard Barbès et rue de Clignancourt, fut découpé et mis en vente par lots en 1844, ouvrant les rues Poulet et Custine. Un M. Boboeuf acheta le bâtiment et ce qui restait du terrain pour en faire le "bal du Château-Rouge". C'était la mode des bals populaires dits champêtres aux portes de Paris, où les bourgeois venaient s'encanailler (la canaille était l'ancêtre de la racaille), danser la polka et la mazurka, danses de couple autrement plus affriolantes que les contredanses où tout le monde se tenait en rang d'oignon.

Tout ceci nous amène en 1847.
La France de Louis-Philippe ploie sous la corruption, la crise industrielle et financière, les mauvaises récoltes, le chômage. La misère s'installe chez les ouvriers, la famine menace. Les Républicains, déçus par les résultats des élections censitaires d'août 1846, cherchent à faire campagne en contournant l'interdiction des réunions publiques instituée par Guizot.

M. Laurent-Antoine Pagnerre, sympathique libraire-éditeur, est secrétaire du Comité central des électeurs de l'Opposition du département de la Seine. Il réunit chez lui les opposants de toutes tendances et rédige une pétition appelant à la réforme électorale et parlementaire. C'est lui qui a l'idée, pour réunir des milliers de signatures, d'organiser des banquets. Le premier d'entre eux a lieu le 10 juillet 1847 au Bal du Château-Rouge. 1 200 personnes y participent, dont 86 députés.
Adolphe Thiers, toujour faux-cul, fait savoir qu'il s'associe de tout cœur à "l'impulsion vigoureuse que l'on voulait donner à l'opinion publique", mais qu'ayant été dans le passé chef du gouvernement de Louis-Philippe, il ne juge pas convenable de s'associer à une réunion où probablement certains orateurs attaqueront le règne de Louis-Philippe tout entier.
Quant aux rouges Armand Barbès et Auguste Blanqui, ils sont en prison...

"Le temps était splendide, raconte Garnier-Pagès député de la Sarthe, un des organisateurs. Amolli par la brise du soir, le soleil projetait sur la salle du banquet des flots mêlés de lumière et d'ombre. Autour de quatorze tables déroulées sous une vaste tente, se pressait l'assemblée (...). La musique, jetant aux vents du soir les plus beaux chants de la Révolution, célébrait cette double fête de la nature et de la pensée."

La campagne des "banquets républicains", appelés plus tard banquets révolutionnaires, a commencé. 50 banquets furent organisés dans toute la France, au cours des six mois suivants, réunissant plus de 20.000 personnes. Enfin, le 21 février 1848, le Préfet de Paris interdit un banquet prévu pour le lendemain aux Champs Elysées. Le 22 février, la foule se réunit sur la place de la Madeleine, and the rest is history, notamment la remarquable Histoire de la Révolution de 1848, par Daniel Stern, nom de plume de la Comtesse Marie d'Agoult.

C'est également Montmartre qui vit en juin les derniers soubresauts de cette révolution. A la fin de l'insurrection ouvrière, après que les barricades du faubourg Saint-Antoine et du faubourg Saint-Martin eurent été renversées par l'armée, les combats continuèrent à la Chapelle et à la Goutte d'Or, devenues depuis quelques années des quartiers ouvriers. Le Château Rouge fut réquisitionné pour cantonner l'armée. Les derniers insurgés tentèrent de se réfugier dans les carrières de Montmartre. L'armée les poursuivit dans le dédale des souterrains, et plus d'une centaine d'hommes y fut massacrée. Le général Cavaignac refusa d'indemniser Boboeuf (you know, the propriétaire) pour les dommages causés par les troupes, ce qui entraîna sa faillite.

Le Bal du Château Rouge continua néanmoins de prospérer jusqu'à 1871, où une autre révolution eut définitivement raison de lui.
Le place des Hirondelles se situait au carrefour des rues de Clignancourt, Poulet, Myrha et Christiani. Ce nom ancien - le lieu n’a plus de nom aujourd’hui - lui venait de la Compagnie de l’Hirondelle dont les fiacres déposaient, en bout de ligne, les Parisiens se rendant au bal du Château Rouge.
 
 
En août 1870, alors que commence le siège de Paris par les Prussiens, le Château Rouge est à nouveau transformé en caserne, cette fois pour la garde nationale, c'est-à-dire les milices levées dans la population parisienne.
Le 18 mars 1871, jour où éclate l'insurrection de la Commune, lorsque le général Lecomte, qui a conduit les troupes du gouvernement de Thiers à l'assaut de Montmartre, est fait prisonnier par les habitants et les gardes nationaux, c'est au Château Rouge qu'il est d'abord amené. Du Château Rouge, il sera conduit en début d'après-midi jusqu'à un autre poste de la garde nationale, en haut de la Butte, où il sera fusillé.
 

Le Château Rouge ne se relèvera pas des événements de 1870 et 1871. Le bal survivra encore quelques années puis fermera. En 1881, une société immobilière rachète et démolit le bâtiment et le parc et fait construire à la place, par les architectes Richelieu frères et Cabon, treize immeubles de rapport. On peut encore les voir, avec leurs façades identiques à peu de chose près, du 42 au 54 de la rue de Clignancourt et du 7 au 13 bis de la rue Custine.
 
 
Sources :
Maurizio Gribaudi, Michèle Riot-Sarcey : 1848, la révolution oubliée. Ed. La Découverte, 2009
Hélène Landre : Laurent-Antoine Pagnerre (1805-1854) : Le combat pour la République d'un libraire éditeur oublié : http://www.rouen.iufm.fr/publication/TRAMES/trames10/tr10_landre.pdf
Hervé David, le vieux Montmartre, iconographie : http://www.hervedavid.fr/francais/montmartre/vieuxmontmartre.htm
Noël Monnier : http://membres.lycos.fr/dixhuit/9806-bal_du_chateau_rouge.htm
Bernard Vassor : http://www.paperblog.fr/1984635/petite-histoire-du-chateau-rouge-a-montmartre/
Passage de la Butte, Roman feuilleton, épisode n°22 : http://www.passagedelabutte.net/index.php?option=com_content&view=article&id=152&Itemid=76

vendredi 25 décembre 2009

Spécial vidéo de Noël



http://www.youtube.com/watch?v=dQKp8qJjKbE

Que ceux qui sont nés en France avant 1968 sentent certains neurones se reconnecter douloureusement dans leurs cerveaux devant cette chose dont ils avaient oublié qu'elle existait...
Que les autres se contentent d'halluciner...

mardi 3 novembre 2009

What's with the silver spoon ?

"Jezebel wasn't born with a silver spoon in her mouth
She probably had less than anyone of us."
chantait Sade Adu en 1985 dans une des plus belles chansons du XXème siècle.

Etre né avec une cuillère en argent dans la bouche ça veut dire être né dans une famille fortunée, avoir eu une enfance privilégiée, avoir hérité d'une situation sans effort, voire avoir obtenu des honneurs autrement que par ses propres mérites (je m'arrête là).

Tout le monde sait ça, de même que l'on se doute bien que les bébés ne sont pas nourris à la fourchette et que le symbole de la richesse n'est pas le formica.

Certes, mais pourquoi une cuillère en argent, et pas une timbale en or ou un hochet en diamants ? Un baby relax en vison ?

On devine qu'il y a là une histoire de cadeau de baptême. En France la coutume chez les aristos était plutôt d'offrir un gobelet en argent. Mais certaines sources (peu fiables) nous expliquent que la mode au Royaume d'Angleterre, au cours des XVII et XVIIIème siècles, était d'offrir un jeu de treize cuillers en argent représentant Jésus et les apôtres.

A l'époque, treize cuillers en argent massif représentaient une fortune (encore maintenant c'est pas donné) et seules les plus riches familles du royaume pouvaient s'échanger pareils présents.

Les moins nanties achetaient une seule cuiller, ou alors choisissaient les quatre évangélistes, qui étaient moins nombreux. Avec le temps et l'invention du snobisme, des copies en étain furent vendues aux roturiers.

Ici, cuillère en argent à l'effigie de Saint-Georges et son dragon, datée de 1600, trésor de la cathédrale d'Uppsala.

Mais il semblerait que nos obscurs et obscurantistes ancêtres moyen-âgeux avaient empiriquement découvert quelque chose avec cette histoire de cuiller en argent. La science a établi bien plus tard que l'argent était un puissant bactéricide.

Nous lisons dans Wikipédia qu'en 2008, "environ 500 tonnes de nano-argent auraient été produites, sous forme d'ions argent, de particules d’argent protéinées (silver proteins) ou de colloïdes utilisés comme biocide (1/5ème de la production, ) ou bactéricide ou pour d'autres usages dont dans le textile avec par exemple des chaussettes bactéricides et anti-odeurs. On en trouve aussi dans des cosmétiques, sprays, revêtements de matériaux métalliques (réservoirs métalliques d'aspirateurs sans sac), plastiques, vernis, peintures, plans de travail, pansements, parois de réfrigérateurs, climatiseurs, emballages alimentaires...). "

Ainsi un enfant nourri à la cuillère en argent aurait eu théoriquement plus de chances d'échapper aux microbes pas bons qu'un enfant de pauvre nourri à la cuillère en bois. L'histoire n'est pas nouvelle, les riches sont plus beaux et en meilleure santé que les pauvres.

Aujourd'hui les cuillers sont en plastique pour tout le monde, mais les petites cuillers en argent existent toujours comme cadeaux de baptême.

Et si vous avez oublié d'offrir une cuiller en argent à votre filleul pour son baptême, vous pouvez encore lui acheter des chaussettes argentées anti-odeurs pour sa majorité...

lundi 26 octobre 2009

Grandes sambas : Não Deixe o Samba Morrer


Música e letra : Edson e Aloísio
1975

Não deixe o samba morrer
Não deixe o samba acabar
O morro foi feito de samba
De Samba prá gente sambar...
Une autre chanson que tout le Brésil connaît par coeur...

Version originale avec toutes sortes d'explications et les paroles sur mon site préféré : paixãoeromance.com !


mardi 20 octobre 2009

Publicité gratuite

De nos jours plus personne ne veut travailler. Et encore moins se lever à sept heures du mat pour aller au bureau : quelle horreur !
Donc il y a des gens comme moi qui ne font rien (c'est très agréable merci), ou Juliette qui a trouvé que chercher du boulot c'était relou, à la place elle est partie faire le tour du monde (http://www.363jours.com/)
Et puis il y a ceux qui préfèrent travailler at home, en bermuda devant la fenêtre ouverte sur la baie de Botafogo, comme Pierre, qui vend des chambres d'hotel à Paris par internet :
http://www.paris-hoteis.com.br/index_fr.php
Who cares ? Me direz-vous. Car par définition aucun de mes huit lecteurs ne descend à l'hotel à Paris.
Mais voyez-vous, personne n'est à l'abri d'une relation d'affaires à l'haleine pas fraîche, d'un beau-frère odieux, d'une maîtresse envahissante ou même d'amis avec des enfants en bas âge. Pour tous ces cas embarrassants, que faire ?

So there you have it : ça existe aussi en anglais, espagnol, portugais, italien, allemand.

Please click generously...

samedi 10 octobre 2009

Tex Mex et Reconquista

What's not to love about Google ? On fait des découvertes archéologiques sans quitter son plumard.

Amadis of Gaul est un blog consacré à la traduction en anglais et au commentaire de Amadis de Gaule, publié en 1508, le bouquin d'Heroic Fantasy préféré de Cervantès.

Dans ce blog fascinant pour qui a la perversité de vouloir lire de l'espagnol médiéval ou sa traduction en anglais, on trouve des nouvelles de la sorcière "Urganda the Unrecognized", et aussi un article sur le restaurant Foster's Hollywood de la Plaza Isabel II à Madrid.
Il s'agit de l'une des quinze adresses à Madrid d'une chaîne de restaurants fondée par des Californiens installés en Espagne. Cousin pauvre (et autochtone) de Planet Hollywood, on y sert la typique nourriture de style états-unien, cheese burger, spare ribs, etc. dans un décor de faux cinéma.

Foster's a eu son heure de gloire lorsqu'un critique du New York Times qui avait peut être forcé sur le vermut avant a écrit qu'il y avait mangé "probably the best onion rings in the world".

Bref, quel rapport a priori entre ce modeste débitant de nourriture yankee et le preux chevalier Amadis ?

C'est que, nous explique Amadis of Gaul (le blog, pas le preux chevalier), ce Foster's en particulier se trouve à trois pas du Palais Royal, et, je cite : "the building it's in significantly predates the restaurant". Thank you Amadis, you just won the Prize for best understatement of the year !

Quand vais-je arriver au vif du sujet me direz-vous ? Maintenant. En descendant aux toilettes du Foster's, au sous-sol, on peut admirer ceci :

Il s'agit d'un des rares morceaux qui subsistent de la première enceinte fortifiée de Madrid, construite au XIème siècle.

Tout a commencé lorsque l'Emir de Cordoue Mohamed 1er
construisit dans les années 870 un fort sur le site de l'actuel Palais Royal, au bord d'une falaise dominant le Manzanares. Autour de ce fort un village prit le nom de Mayrit, ou Magerit en alphabet latin. On peut admirer trois cailloux qui restent d'une tour de guet musulmane dans le parking souterrain de la Plaza de Oriente, mais c'est une autre histoire.

C'était déjà le début de la fin pour Al-Andalus, et la future Madrid fut conquise par Alfonso VI de Castille et Leon en 1085, puis assiégée en vain par les Almoravides et les Almohades (les inventeurs de l'oreiller).


Pour éviter ces désagréments la première muraille chrétienne fut construite au cours du XIème siècle, à partir du fort et suivant d'abord les fortifications arabes pour englober vers le sud et l'est le modeste village et pas mal de champs de légumes, pour une superficie totale de 33 hectares.

C'est donc très peu dire que le restaurant Foster's Hollywood est significativement plus récent que le bâtiment dans lequel il se trouve. Considérant que la chaîne Foster's a été fondée en 1971 (quand même...) à vue de nez l'édifice, ou au moins ses fondations, ont 800 ans de plus !

Ah c'est ça qui fait tout le charme de la vieille Europe, des morceaux d'histoire en allant aux chiottes chez MacDo pratiquement, sans prétentions, sans vitrine et sans guide touristique.


Is it old ? Yeeees ! Veeery old !


Sources :
Amadis of Gaul : "My Walls are Fire" 30 juillet 2009
Wikipedia "Madrid" en espagnol
http://es.wikipedia.org/wiki/Archivo:Muralla_cristiana_de_Madrid.jpg
http://es.wikipedia.org/wiki/Torre_de_los_Huesos_(Madrid)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Muhammad_Ier_(Omeyyade)
http://www.madridhistorico.com/seccion5_historia/index_crecimiento_medieval.php?idmapa=16

dimanche 4 octobre 2009

Gracias a la Negra...



A todos...

Somos los nietos, los hermanos, los sobrinos, el hijo de quien fue para nosotros algo más y distinto que una gran artista popular. Con ella compartimos la vida, las alegrías y las angustias privadas. Porque esa gran artista fue además nuestra abuela, nuestra hermana, nuestra tía, nuestra mamá.
Es por eso que queremos llegar a ustedes desde ese lugar íntimo, lejos de la severidad y la dureza de los comunicados oficiales: porque sabemos que también la quisieron y la siguen queriendo aún mucho más allá de la cantante y de la artista que los acompañó tantas veces, a la que han hecho parte de su familia aún sin tener lazos de sangre.

Es desde este lugar que queremos contarles que Mercedes -la mamá, la tía, la abuela, la hermana-abandonó este mundo el día de hoy. Pero también queremos decirles que estuvo siempre acompañada-inclusive cuando ya no podía saberlo- por un desfile interminable de amigos y artistas populares, y en cada uno de ellos: Ustedes. Y que a pesar de lo triste de cualquier agonía, pasó esos últimos momentos en paz, peleando aguerridamente contra una muerte que terminó ganándole la pulseada.
Por cierto estamos conmovidos y queremos compartir con ustedes esta tristeza. Aunque, al mismo tiempo, nos queda la tranquilidad de que todos hicieron lo posible- incluida nuestra Negra- para quedarse un ratito más entre nosotros.
Lo que más feliz la hacía a Mercedes era cantar. Y seguramente ella hubiera querido cantarles también en este final. De modo que así queremos recordarla y así los invitamos a hacerlo con nosotros.
Infinitas gracias por ese acompañamiento que jamás dejó de estar presente.

Familia de Mercedes

vendredi 25 septembre 2009

Trésors de la chanson française : Avanie et framboise


Introduisons une nouvelle série : après "Grandes Sambas" et "Monumentos da Bossa Nova", en l'honneur du retour au vieux pays dont les sillons sont abreuvés de sang impur (mais pas les microsillons, on espère) voici le premier numéro d'une nouvelle série, "Trésors de la chanson française".

Tous les Français ont des morceaux d'Avanie et framboise tapis dans le cerveau plus ou moins consciemment : "les mamelles du destin", "ça ne me mettait pas à l'aise de la savoir Antibaise moi qui serais plutôt pour", une association d'origine mystérieuse entre le Maine et Loire et les seins en poire, une Angevine de poitrine...

Avanie et framboise est une chanson écrite et composée par Boby Lapointe, autoproclamé cornichon et contre-péteur, né et mort à Pézenas (1922-1972), bourgade du Languedoc au nom vaguement ridicule à laquelle il alluse d'ailleurs dans la chanson.

En 1960, Boby Lapointe interprète ce chef d'oeuvre immortel dans le film "Tirez sur le pianiste". Le pianiste éponyme est Charles Aznavour. Le réalisateur, François Truffaut, craignant que la richesse du texte échappe au spectateur vu l'interprétation quelque peu hystérique de Boby, a lui-même sous-titré ce passage.
La presse de l'époque se gausse de Boby Lapointe, "le chanteur français sous-titré". Je ne vais donc pas écrire les paroles, regardez et laissez votre cerveau soupirer d'aise en déployant ses connexions neuronales entre tous les petits bouts épars d'Avanie, c'est très bon pour la santé, un remède gratos contre Alzheimer !