jeudi 23 juillet 2009

In praise of Marilyn Manson

Marilyn Manson, de son vrai nom Brian Warner (on s'en fout) n'est plus un jeune homme, il a 40 ans. Au départ c'est un type quelconque, laid et dégingandé, mais il est plutôt moins bête qu'il n'en a l'air.

Il a vendu en gros 20 millions d'albums dans le monde depuis 1994, sans compter les singles, et son treizième opus, The High End of Low, vient de sortir.

Son fonds de commerce est la provocation, on est d'accord, alors quoi de neuf depuis Kiss, Alice Cooper et Ozzie Osbourne ? Regardons mieux.

Sans même me hasarder à commenter sa musique, que personnellement je trouve très bien, quoiqu'un peu répétitive, je me suis penchée sur son style.

Marilyn Manson est un aspirateur de tendances, de détails cools, un bureau de style à lui tout seul. Depuis le pur gothique affreux de la vidéo de Sweet Dreams (1995), dans le style Sepultura, jusqu'à l'incroyable tutti frutti de This is the New Shit (2003), il a fait du chemin.

Travesti depuis toujours, il est l'héritier des véritables mods, les précurseurs des punks, qui avant de devenir des fachos bien peignés étaient des dandies, androgynes et travestis mais hétérosexuels, voire homophobes (think Clockwork Orange).

Regardez le costume de Rock is Dead et pensez à Ziggy Stardust, 1970-73.


Et le costard de mOBSCENE, n'est-ce pas le Thin White Duke ? Sauf que David Bowie, lui, avait (et a toujours) vraiment un oeil en moins !

Les personnages de Marilyn Manson, comme ceux de Bowie avant lui, sont destinés aux adolescents.

J'ai vu Marilyn Manson en concert à Paris (oui oui) et j'ai été surprise par leur jeune âge. Ils ont plutôt 13-15 ans que 18-20. Certains gamins étaient chaperonnés par un de leurs parents qui tentait de faire les mots croisés du Monde dans la pénombre et le son dévastateur (il y a des parents vraiment très cools à Paris !).

A la puberté, les adolescents ont besoin de sortir de l'imagerie en sucre rose de l'enfance : Marilyn est le remède absolu contre la mièvrerie.

Autre avantage : c'est la revanche des moches. La vidéo de Tainted Love montre une foule de gothiques déchaînés envahir et outcooler les beaux preppies blonds en veste de baseball (et se faire leurs nanas). Le fantasme ultime de l'adolescent boutonneux (qui voit l'acné sous le maquillage ?)

Mais Marilyn ratisse plus large que le mélange hard-new wave-punk-gothique. Dans Tainted Love on voit déjà des danseurs de Hip Hop, ce qui ne serait jamais venu à l'idée de Iron Maiden.
Marilyn Manson a tout récupéré : le cabaret (merci Dita Von Teese), le porno chic, le lesbian chic, le sado-maso chic. Dans This is the New Shit (my personal favourite) il décode tout et se moque de son propre style : "everything has been said before".














Il y a même des belles pépées blondes qui boivent du champagne comme dans les vidéos de rappeurs. Mais là où les rappeurs ne font rien de leurs blondasses alanguies sur des chaises longues au bord de la piscine, Marilyn leur suce au moins les orteils... fétichisme anyone ? Toujours un peu plus loin mais jamais censurable : ai-je dit que Marilyn avait oublié d'être con ?




























Pour faire monter encore la sauce, Marilyn a trouvé un allié de poids : la droite religieuse américaine. Laura Bush (ou était-ce Barbara ?) l'avait fameusement appelé "le plus grand danger pour la jeunesse américaine depuis la poliomyélite". Ce que cette phrase lui a rapporté en publicité... it's priceless.
Mais pourquoi tant de haine ?
Apologie du suicide, de la drogue, de la violence ? Rébellion ? Nihilisme ? Oui, bon, c'est du gothique, quoi. Il y en a eu d'autres avant, il y en aura d'autres après. Ce qu'une catégorie de la société américaine ne peut pas avaler, c'est le sacrilège.

Plus que sataniques, les textes (et les images !) de Marilyn sont extraordinairement, jubilatoirement blasphématoires.
Regardez les bonnes soeurs porno de Personal Jesus ou le costume de Pape de Jesus is a Friend of Mine...
Je soupçonne que ce genre est plus destiné directement à provoquer la droite religieuse qu'à amuser son public qui doit s'en foutre presque autant que nous de Jésus.






















Alors, un danger public Manson ? La plupart des plus de trente ans n'ont probablement vu Marilyn Manson qu'une fois : dans le film Bowling for Columbine. A la fin de l'interview, Michael Moore lui demande ce qu'il aurait à dire maintenant aux jeunes de Columbine ; Marilyn répond qu'il ne leur dirait rien du tout, il écouterait ce qu'ils ont à dire, ce que personne n'a fait.
J'ai du mal à croire que cette réponse soit spontanée. Même s'il elle est préparée à l'avance, elle est sacrément bonne, peut être la seule réponse possible...

dimanche 19 juillet 2009

Grandes sambas : Pra qué discutir com Madame ?

Letra e Música : Haroldo Barbosa e Janet de Ameida, 1945.
Source : Dicionário Cravo Albin da Música Popular Brasileira.

Madame diz que a raça não melhora
Que a vida piora por causa do samba
Madame diz que o samba tem pecado
Que o samba, coitado, devia acabar
Madame diz que o samba tem cachaça
Mistura de raça, mistura de cor
Madame diz que o samba, democrata
É musica barata sem nenhum valor

Vamos acabar com o samba
Madame não gosta que ninguém sambe
Vive dizendo que samba é vexame
Pra que discutir com madame ?

No carnaval que vem tambem concôrro
Meu bloco de morro vai cantar ópera
E na avenida entre mil apertos
Vocês vão ver gente cantando concerto
Madame tem um parafuso a menos
Só fala veneno meu Deus que horror !
O samba brasileiro democrata
Brasileiro na batata é que tem valor !

"Madame tem um parafuso a menos" : Madame a une vis en moins, il lui manque une case, elle est complètement toquée !

Oui, c'est bien un samba, mais j'ai pas le son pour la version enlevée chantée entre autres par Elza Soares... Ni pour la version originale en 78 tours deux titres de 1945.

Reste que la version la plus célèbre de loin est la grande Bossa Nova bien desafinada de l'unique João Gilberto
Je ne vais même pas publier les vidéos d'imitateurs, ils sont trop loin derrière...

dimanche 5 juillet 2009

Isabelle Stengers : une rafale d'air frais dans la pensée.

La Belge Isabelle Stengers a connu la gloire mondiale dans sa jeunesse en co-signant en 1979 (trente ans déjà !) avec le chimiste Prix Nobel Ilya Prigogine "La Nouvelle Alliance", dont le titre est tiré d'une citation de Jacques Monod, autre Prix Nobel :
"L'ancienne alliance est rompue. L'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'univers d'où il a émergé par hasard."
Que du beau monde... et une bonne base de réflexion.

Mais la petite Isabelle a vite pris des chemins de traverse, peut-être à cause de sa fréquentation précoce des mandarins, et quitté ses études de chimie pour s'adonner à la philosophie. Elle est la seule personne que je connaisse qui puisse citer
Deleuze de façon à ce que je comprenne quelque chose.
Elle a co-écrit deux livres avec un autre de mes héros l'ethno-psychiatre
Tobie Nathan.

Après avoir balayé Dieu d'un revers de manche négligeant, elle a également participé à l'assassinat de Freud : "La damnation de Freud" Ed. Les Empêcheurs de penser en rond, 1997.
Le Livre noir de la psychanalyse, Ed. Les Arènes, 2005. (Isabelle je t'aime, kiss kiss).

Officiellement professeur de philosophie et d'histoire des sciences à l'Université Libre de Bruxelles, loin de devenir réac en vieillissant comme bien d'autres intellectuels de gauche que je ne citerai pas j'ai pas la place, elle a l'air de tourner carrément au rouge.

Elle étudie les confins de la science et de la société, les sujets auxquels la doxa, la science officielle, réagit mal, avec rejet ou rigidité : l'hypnose, la sorcellerie, la drogue, l'écologie...
Iconoclaste au sens noble et littéral du terme, elle s'attaque désormais directement au grand totem, le capitalisme.

Derniers ouvrages parus : - avec
Philippe Pignarre, La Sorcellerie capitaliste, Paris, La Découverte, 2005.
- La Vierge et le neutrino. Quel avenir pour les sciences ?, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond, 2006.
- Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient, Paris, La Découverte, 2008.

Avec déléctation je découvris la semaine dernière une interviou de Mme Stengers dans
Siné Hebdo, canal sécessionniste de Charlie Hebdo (publicité gratuite pour les deux, pas de jaloux.)

Laissez moi faire d'abondantes citations, des fois que le lien vienne à se rompre avec
la vidéo de Siné Hebdo où l'on voit Isabelle Stengers à 60 ans parler belge en fumant des cigarettes roulées à la main... Vous verrez que le discours d'Isabelle rafraîchit des parties de votre cerveau que les autres philosophes n'atteignent pas.
Résumé du propos en un mot réjouissant : la "récalcitrance" !

"Au cours de ma troisième année de chimie, en 1969, j'ai réalisé que j'avais appris la physique quantique comme un savoir constitué, sans en percevoir les problèmes. Lorsqu'ils se sont posés à moi, j'ai conclu que j'étais perdue pour la science. Depuis, j'ai compris que c'est une réaction typique grâce à laquelle l'ordre règne chez les scientifiques. Un vrai chercheur doit ignorer "les grandes questions" qui peuvent faire douter. Le doute y est à peu près aussi mal vu que chez les staliniens. Ceux qui vont en philiosophie sont un peu des réfugiés politiques.

[Ilya Prigogine] au moment où il tenait les résultats qui lui ont valu son prix Nobel, voulait tendre la main à l'ensemble des sciences, y compris aux sciences humaines. Mais Prygogine était avant tout un physicien. C'était mon boulot que de penser les conséquences de ses travaux. J'ai beaucoup appris, parce que ces conséquences ont été accueillies comme "le nouveau message de la physique". Or, moi, ce que je voulais faire passer, c'est la physique en tant qu'aventure humaine, pas en tant que sommet de la pensée ou source de vérité prophétique sur le monde.

Je suis très fière et heureuse lorsque mon travail donne des outils aux organisations minoritaires qui fabriquent un savoir récalcitrant. (...) Apprendre de sujets qui fâchent, c'est apprendre aussi pourquoi ils fâchent et qui ils fâchent. (...) Passer pour une provocatrice est une conséquence de mon fonctionnement, mais je me décrirais plutôt comme une récalcitrante. Si j'entrevois la direction pour éviter de penser en rond, ça fait partie de mon métier que d'aller voir par là.
...
Aux Pays-Bas, les associations de junkies, les junkies Bonden, négociaient avec la Mairie d'Amsterdam les conditions de consommation de drogues afin de réduire les risques. La qestion de savoir vivre avec les drogues a plus avancé avec ces gens dont c'est la préoccupation qu'avec toutes les expertises psychologiques, sociologiques qui la noyaient bêtement dans un problème général de mal-être.
...
La grande nouveauté de ce que j'ai appelé "l'événement* OGM" réside dans le fait que les opposants ont fait bafouiller les scientifiques experts. Des citoyens ont compris puis montré qu'ils parlaient de ce qu'ils ne connaissaient pas, et même de ce qu'ils voulaient ignorer.
...
Le problème des experts, c'est qu'ils savent très bien qui les engage et ce qui sera considéré comme plausible ou irresponsable de ce point de vue. Ils vont d'autant moins ruiner leur réputation qu'il n'y a pas en général de contre-expertise. La question des OGM à Bruxelles relève du fonctionnement du marché, pas de la politique enveronnementale. Ceux qui sont nommés savent qu'il s'agit de minimiser tout obstacle à la libre circulation. Ils jouent donc avec les incertitudes pour rester plausibles.

La crise que nous connaissons actuellement n'est rien comparée aux événements* irréversibles qui arriveront d'ici peu : réchauffement climatique, pollutions multiples et grandissantes, épuisement des nappes phréatiques, etc. Le capitalisme est incapable d'apporter des solutions, seulement de transformer les problèmes en instruments de profit. Et les organisations étatiques ont renoncé à tous les moyens de l'en empêcher.

...
Il est dans la nature du capitalisme d'exploiter toutes les opportunités, et la croissance verte en est une ! Il y a fort à parier que ses conséquences seront nettement moins vertes... J'aime bien les objecteurs de croissance, mais la décroissance est une théorie triste. L'impératif de décroissance est mal défendu contre une barbarie moralisatrice techno-policière. Entre cela et la barbarie capitaliste, je demande à ne pas choisir. Comme l'a dit Deleuze : "La gauche, si elle doit être différente de nature de la droite, c'est parce qu'elle a besoin que les gens pensent." Et cela veut dire savoir que la pensée n'est pas réservée à une élite.
...

Comment lutter pour l'emploi et refuser l'impératif "relancer la croissance" ? Il ne faut pas avoir peur d'être accusé d'incohérence, d'irresponsabilité. Il faut refuser de hiérarchiser les problèmes. Ce n'est pas facile et cela demande de faire confiance aux gens, à leurs capacités de penser, d'échapper aux alternatives qui réduisent à l'impuissance. Malheureusement il y a des "responsables" un peu partout qui pensent qu'ils "savent" mais que ceux dont ils sont responsables ont besoin de croire à des solutions simples. S'ils ont raison, on est foutus. Moi je mise sur le fait que nous ne savons pas de quoi les gens sont capables, parce que ce que nous connaissons est le résultat d'une "gouvernance" qui les a systématiquement dépouillés des moyens de penser ensemble et de faire une différence collective qui compte. Notre démocratie est un art de gouverner un troupeau, et les bergers ont pour impératif d'éviter la panique.
...
Aujourd'hui, pendant les manifestations, on n'occupe pas les rues sur un mode qui donne l'appétit d'un monde différent. Je n'ai rien contre lancer des pavés, mais c'est une action individualiste. Nos moeurs politiques sont tristes : si l'expérience militante relève du sacrificiel, si la politique n'est pas source de vie, il y a une limite à laquelle on se heurtera et on le paiera chèrement."








*merci à Siné Hebdo pour les deux accents aigüs à événement, NDLR

vendredi 3 juillet 2009

Thank You for Smoking IV

To say there's been an opinion shift about tabacco in the last 100 years is a big, big understatement... Il n'y a pas eu un retournement aussi brutal depuis qu'on a découvert que la radio-activité n'était peut-être pas si bonne pour la santé, finalement.
Demandez à Marie Curie...

PARIS 1920. Langueur art nouveau.


Camel 1935 : ôtent la fatigue sans taper sur les nerfs. Comment font-elles ?










Quand le tabac était bon pour la santé : recommandé par le séduisant docteur, le sémillant dentiste... et vous permet même d'avoir l'estime de votre nourrisson...

Années 50...


















Premières campagnes anti-tabac :







USA 1969, ironique.














1985 : un petit air soviétique...








1993 : de l'humour, mais pas pour longtemps... Aussi les premières campagnes contre le tabagisme passif.











A partir de la fin des années 90, c'est l'escalade de la terreur :




Canada : les photos deviennent graphiques, si j'ose dire, et les messages de plus en plus directs ; on n'est pas là pour rigoler.













Espagne : projet de communication sur les paquets de cigarettes. L'Europe est bien sûr en retard sur ses camarades anglo-saxons, ainsi que sur à peu près tous les autres pays, Amérique latine, Inde...













Les Anglais, les rois du gore, toujours.
















Prochaine campagne britannique. Il est mort allright, could'nt get any deader.

D'accord, une fois qu'on en est là, qu'est-ce qu'on fait ?

je propose l'odoroma (cendrier froid, sang, gangrène) ou la sonorisation (toux, râles d'agonie, requiem).








Mais ! Comme d'habitude, j'ai gardé le meilleur pour la fin, un bijou de 1960 :
"Crachez-lui la fumée à la gueule, et elle vous suivra n'importe où !".
Ils ont oublié de préciser "comme un chien derrière son maître"
comme dans les publicités des marabouts.
A mon avis si elle vous suit ça sera pour vous filer
des coups d'escarpins pointus dans le Q, oui !

dimanche 28 juin 2009

Miss C. meets Miss T.


Miss Tic est bien Sympa Tic. Je suis tombée sur elle hier à Saint-Germain-des-Prés.
Elle m'a donné une sorcière sur son balai, elle a tout de suite vu à qui elle avait affaire...
La pensée profonde misstique (c'est pas facile à lire) c'est "Un rémède à l'amour, aimer encore". Ouais, bon. Je suis pas forcément convaincue. On en reparlera à l'occasion, entre Miss...

lundi 22 juin 2009

Brazilian pics

Un tuyau en guise de préface : le titre de cet article est écrit en anglais, raison pour laquelle le Brésil arbore un Z. Dans toutes les autres langues d'alphabet latin à ma connaissance, notamment en brésilien*, le Brésil s'écrit avec un S. Rien n'exaspère plus les Brésiliens que de voir écrit Brazil à la place de Brasil, meu pais tropical etc.

C'est un truc pour se faire casser la gueule.** Comme la plupart des sud-américains, les Brésiliens sont nombreux à perdre leur sens de l'humour lorsqu'ils sont confrontés au gringocentrisme...

Après ces précautions verbales, voici des albums, ou alba, photos de MissCelaNeus publiés sur Fesse Bouc et que de par ce fait, comme disent les handicapés de la syntaxe, tous mes nombreux lecteurs n'ont pas eu l'occasion de voir. Le lien est sur la photo.












*Oui amis internautes, le brésilien est une langue qui n'est pas le portugais, au moins sur internet. J'en ai fait l'amère mais saine expérience : les applications écrites pour le web en portugais du Portugal ne fonctionnent pas au Brésil. Les noms des commandes ne sont pas les mêmes.

** Merci à Eugène Zéro pour le témoignage de première "main".

mardi 16 juin 2009

Racaille

C'est pratique quand un événement donne l'occasion de rassembler tous les pourris de la République dans un même lieu.

20 Minutes, le 16 juin 2009 (après correction des fautes de frappe) :

"Au total, une quinzaine de chefs d'Etat ont assisté aux obsèques solennelles du président gabonais. Après une minute de silence, les invités étrangers, parmi lesquels figuraient la plupart des présidents de l'Afrique francophone, ont commencé à s'incliner à tour de rôle devant le cercueil recouvert par le drapeau du Gabon sur fond de musique religieuse. La délégation française était importante. Deux Airbus A319 ont été affrétés pour l'occasion*. Une quarantaine de conseillers «Afrique» officiels de Nicolas Sarkozy et de son prédecesseur Jacques Chirac mais aussi des conseillers officieux, comme Robert Bourgi, le fils spirituel de Jacques Foccart, considéré comme le monsieur «Françafrique» de de Gaulle à Chirac en passant par Giscard avaient fait le déplacement. Parmi les nombreuses personnalités françaises se trouvaient également Loïk le Floch Prigent, ex-dirigeant d'Elf condamné dans l'affaire du même nom, Patrick Balkany, maire UMP de Levallois-Perret ou les anciens ministres Michel Roussin, Jean-Louis Debré, Jacques Godfrain."

Il y en a qui croient encore au père Noël gabonais...

D'autres pas...

Anecdote croustillante : Le Floch Prigent repasse par la case départ alors qu'on l'attend en prison. Question : a-t-il touché 20.000 francs (CFA) ?
AP 16/06/2009 Mise à jour : 16:09

"La justice s'est rappelée mardi au bon souvenir de Loïk Le Floch-Prigent. La chambre d'application des peines de la cour d'appel de Versailles (Yvelines) a en effet révoqué pour une durée de six mois la mesure de libération conditionnelle dont avait bénéficié l'ancien PDG d'Elf qui n'aurait pas respecté son obligation de rembourser les parties civiles, a-t-on appris de sources judiciaires. (...) M. Le Floch-Prigent n'a respecté aucune des obligations de son contrôle judiciaire.
Il travaille notamment à titre "bénévole" pour plusieurs chefs d'Etat africains alors que la justice lui impose une activité rémunérée pour rembourser les parties civiles, notamment la société Elf. (...) M. Le Floch-Prigent a ainsi renoncé à sa retraite "afin qu'elle ne soit pas saisie". Mais il a reçu un jour plus de 500.000 euros sur un compte dont il disait ignorer l'existence..."

*Capacité d'un A319 : 136 passagers x 2 = 272 pourris.

vendredi 12 juin 2009

Respect aux bloggeuses


Les femmes sont dotées par la nature d'un cerveau.

Je plaisante, je voulais dire les femmes sont dotées par la nature d'un cerveau plus adapté à l'hypertexte (voir
"A quoi tu penses") et par la culture d'un siècle d'avance en dactylographie (j'ai vérifié, c'est large, première machine à écrire 23 juin 1868).

Elles devraient donc sans problèmes devenir reines de blogland, one blog at a time.

Un hommage à mes camarades bloggeuses à travers le monde, trouvées absolument par hasard dans mes recherches erratiques sur le web.

Des blogs très variés, toujours élégants, pas toujours futiles, intelligents et sans fautes d'orthographe !

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ANNIE'S LETTERS
ANNIE'S NOTES
ANNIE'S AMERICA

Poète et activiste américaine, elle anime des blogs participatifs très militants pour la Palestine, d'où ce dégage pourtant une étrange sensation de paix...

Sur Annie's America, elle publie principalement les lettres qu'elle envoie pour Amnesty International, et les éventuelles réponses.

Tout est beau, sérieux et intéressant.

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COPACABANADETOLEDO

Ana de Toledo a un blog qui est un pur bijou inclassable et rétro. Presque uniquement esthétique, il peut s'admirer sans comprendre le portugais.

La saudade considérée comme un des beaux-arts.

Prouve qu'on peut être une branchée de Rio et avoir des réserves de poésie.


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FERDY ON FILMS, ETC.

Marilyn Ferdinand prouve qu'on peut être une femme au foyer de Chicago et une très très sérieuse cinéphile.





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SIX PIEDS SUR TERRE

Laure Noualhat a un blog sur l'environnement à Libé.

Elle recueille et commente les nouvelles sur le sujet, ce qui m'évite de le faire. En plus, c'est une pro. C'est bien écrit, sans prétention, il y a de l'humour, des tonnes d'informations, des liens qui marchent...

C'est bien, quoi.


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DEVERIA ESTAR ESTUDANDO !!!

Oui, je sais, l'inconvénient des blogs de filles c'est qu'ils ont tendance à être roses... Nobody's perfect.

Une étudiante brésilienne un peu française sur les bords il semblerait, qui prouve qu'on peut être jeune et mode et pas complètement abrutie.

De la mode étonnamment rétro, quelques photos de voyages, un ton qui m'amuse. Attention couper le son avant d'y aller sinon vous allez avoir une frayeur !

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Chers lecteurs-rices, envoyez-moi vos blogs préférés, je ne demande qu'à allonger la liste !

samedi 6 juin 2009

Latest News

Communiqué

Chers amis et nombreux lecteurs qui se comptent sur plusieurs doigts d'une main :
dans la perspective de l'abolition de ses propres privilèges dans la nuit du 4 août prochain, MissCelaNeus a décidé de lever l'embargo sur ses élucubrations et vaticinations.
Il est désormais possible de communiquer l'adresse de ce blog à la terre entière et à vos amis des autres endroits de la galaxie, de le publier sur internet, d'en parler au bistro et de faire ce que vous voudrez, go on, see if I care !
Je l'ai donc listé sur Google, twitté et sharé sur all there is to share, et advienne que voudra !
MissCelaNeus est également fière d'être perchée sur le mur de Rue89.

mercredi 3 juin 2009

La grippe éditoriale

Un nouveau péril menace l'esprit humain, le hyper-seller.
Vous connaissez l'hyper-puissance et notre hyper-président ? Meet the hyper-seller.
A coté de lui les best-sellers d'antan font figure de feuilles de chou publiées à compte d'auteur.

Le malaise m'envahit pour la première fois en lisant je ne sais quel canard portugais en 2005.
Ce canard publiait les listes de best sellers dans différentes villes du monde. On pouvait lire :
Lisbonne : N°1 Dan Brown, o codigo Da Vinci
Paris : N° 1 Dan Brown, Da Vinci Code
Madrid : N° 1 Dan Brown, El Codigo Da Vinci
New York : N° 1 Dan Brown, Da Vinci Code
Rio de Janeiro : N°1 Dan Brown, o codigo Da Vinci

Angoissant.


Je ne veux même pas rentrer dans le débat sur la valeur de l'ouvrage.
Je veux parler du phénomène éditorial.
Le dit Da Vinci Code a été vendu à 60 millions d'exemplaires dans le monde entre 2003 et 2006.
Il est traduit dans 44 langues.
En comptant les trois années suivantes, les séquelles et "préquelles", adjugeons à 200 millions.

And then came Harry Potter.

Les derniers chiffres d'édition annoncent 400 millions d'exemplaires pour toute la série.
Ce qui le place juste derrière la bible (de 3 à 6 milliards d'exemplaires vendus toutes éditions confondues depuis 1455), le petit livre rouge de Mao (entre 800 millions et 5 milliards suivant les sources, en 50 langues depuis 1964) et le coran (800 millions).
Le New York Times a dû ouvrir une nouvelle catégorie "livres pour la jeunesse" pour y mettre les Harry Potter et faire de la place pour les autres dans sa très fameuse Best Seller's List.
« Harry Potter et les Reliques de la Mort » a été vendu en France à 1 089 700 exemplaires entre le 26 octobre 2007 date de sa sortie et le 31 décembre 2007.

En réalité j'ai un faible pour J.K. Rowling, qui est restée simple et sympa même si le petit milliard de dollars que lui ont rapporté ses livres lui ont visiblement permis de s'offrir une coiffeuse, une maquilleuse, une manucure et des habits qui brillent. Elle s'adonne aussi sérieusement à la philanthropie en arrosant de millions de livres (I mean british pounds, not Potter books) des associations d'aide à l'enfance en détresse ainsi que le parti travailliste anglais...

Vous n'êtes pas encore remis de Millenium, qui commence sa carrière avec 12 millions d'exemplaires vendus en Europe (après en avoir vendu plus d'un million et demi en Suède, un pays de 9 millions d'habitants) ? Bagatelle.

Stieg Larsson ne jouera pas longtemps dans la cour des grands, d'abord parce qu'il est mort, et ensuite parce qu'il est excessivement mal traduit.

Les traductions ça fait suer tout le monde, à commencer par les Etatsuniens, qui restent les rois du bizness, même si Harry Potter est britannique au départ.

Forget it : le prochain tsunami éditorial s'appelle Twilight.

Il a déjà vendu 40 millions d'exemplaires en deux ans.

Twilight si j'ai bien compris est une série de bluettes pour adolescents où les personnages sont des vampires. Imaginez Olivia Newton-John et John Travolta en train de sucer le sang de leurs petits camarades au lieu de danser en collants roses et de chanter des conneries.

L'adaptation cinématographique du second volume, New Moon, est en train de sortir dans l'hystérie générale des 10-16 ans.
Il y a tellement de blogs uniquement dédiés à Twilight qu'il existe un classement des meilleurs Twilight-blogs dans chaque langue !
Tenez-vous bien : 30% de tous les livres vendus dans le monde au premier trimestre 2009 sont des épisodes de Twilight (je sais, c'est difficile à avaler, ce sont des chiffres publiés par les USA, je doute qu'ils tiennent compte des éditeurs indépendants anarcho-syndicalistes du Tadjikistan, par exemple).

En tous cas à vue de nez sur le web et dans facebook, la moitié des jeux, blogs, chats, fan clubs et autres couillonnades destinées aux adolescents est basée sur Twilight. Et le marketing associé est massif.

Un exemple de critique publiée sur le web, je cite : "Tout L'Univers De Twilight ; Le Guide Non-Officiel De La Saga De Stephenie Meyer : ce livre, je les acheter tous récément , et je les trouvé tous bonemen exélent!il explique l'histoir des vampire , des loup garou tous en les comparena nos personnage preferer "twilight"."

Edifiant.

Questions : faut-il vendre des livres aux illettrés ? Oui, a priori, s'ils les lisent. C'est ce qu'on disait déjà du Da Vinci Code, le livre des gens qui ne lisent jamais. Mais le lisent-ils ou l'achètent-ils seulement ? Le nom de la rose de Umberto Eco a vendu 20 millions d'exemplaires et je veux bien être Ste Thérèse d'Avila si un dixième des acheteurs l'ont lu jusqu'au bout.

Pour les adolescents c'est différent, je veux bien croire qu'ils lisent vraiment les livres qu'ils achètent, en tous cas les Harry Potter. Un point commun entre tous les hyper sellers : la magie, la conspiration, le fantastique ; faut-il élever vos enfants dans l'irrationnel ? A priori encore, personne ne s'est jeté du huitième étage à cheval sur un balai, tout comme embrasser un crapaud pour le transformer en prince n'a jamais tué aucune petite fille, à ma connaissance. Les adolescents vont-ils se mettre à mordre la jugulaire de leurs camarades de classe ? L'avenir le dira.

Jusqu'ici tout va bien.
Mon angoisse est ailleurs.
L'hyper-seller (comme l'hyper-puissance et notre hyper-président) prend toute la place.
Toute la place chez les éditeurs, dans les librairies, dans les campagnes de com, dans la presse, dans le budget livres de la ménagère.

On publie chaque année en France environ 65000 titres différents.
Sur 450 millions d'exemplaires de livres produits annuellement à fin de vente, 25 à 30 %, soit près de 150 millions sont finalement envoyés au pilon.

Moralité : 400 millions de personnes lisent quatre livres.
Quatre personnes lisent les autres 400 millions de livres.

Timeo hominem unius libri, disait Thomas d'Aquin.

Moi je dis, ça craint.


Merci à Xochipilli pour sa lecture attentive.